Installer un serveur dédié Palworld chez soi : le guide pas à pas
Par Benjamin D. · PDG
· Mis à jour le 29 août 2026 · Lecture 9 min
Sommaire
Monter un serveur dédié Palworld à la main sur une machine locale prend une vingtaine de minutes quand on connaît les étapes : récupération des binaires PalServer via SteamCMD, ouverture des ports UDP, puis édition du fichier de configuration. Ce guide détaille la procédure complète sous Linux et Windows, avec les commandes exactes, les pièges classiques et les réglages à ne pas rater.
Ce qu'il faut préparer avant d'installer un serveur dédié Palworld
Palworld tourne sous Unreal Engine 5 et charge une carte persistante entière en mémoire. C'est un titre gourmand en RAM et très sensible à la fréquence CPU : la simulation des Pals, des bases et des convoyeurs s'exécute majoritairement sur un thread principal. Un processeur à haute fréquence donnera de bien meilleurs résultats qu'un CPU multi-cœurs lent.
Ressources conseillées
| Joueurs simultanés | RAM à prévoir | CPU | Stockage |
|---|---|---|---|
| 2 à 4 | 8 à 12 Go | 2 cœurs haute fréquence | 15 Go NVMe |
| 4 à 8 | 16 Go | 4 cœurs haute fréquence | 25 Go NVMe |
| 8 à 16 | 24 à 32 Go | 4 à 6 cœurs haute fréquence | 40 Go NVMe |
| 16 à 32 | 32 Go et plus | 6 cœurs et plus | 60 Go NVMe |
Deux remarques de terrain. D'abord, la consommation mémoire grimpe avec le nombre de bases construites et de Pals assignés, pas seulement avec le nombre de connectés : une sauvegarde de plusieurs semaines peut doubler l'empreinte RAM initiale. Ensuite, le disque compte : les sauvegardes de monde sont écrites régulièrement, et un stockage mécanique provoque des micro-freezes visibles côté client.
Systèmes supportés
- Linux : Ubuntu Server 22.04 / 24.04 ou Debian 12, les plus simples à maintenir avec systemd.
- Windows : Windows 10/11 ou Windows Server 2019/2022, avec l'exécutable
PalServer.exe.
Le binaire officiel n'a pas besoin d'un compte Steam payant : l'application se télécharge en anonymous. Tu peux vérifier les prérequis à jour sur la documentation technique officielle de Palworld.
Sur une machine domestique, la contrainte principale reste le réseau : bande passante montante limitée, IP dynamique et box qui coupe la redirection NAT au moindre redémarrage. Si tu veux éviter cette partie et te concentrer sur le gameplay, un hébergeur Palworld fournit directement les binaires à jour, une IP fixe, un panel Pterodactyl et une protection anti-DDoS active. Pour comparer les configurations selon d'autres titres, la page Tous nos serveurs de jeu liste l'ensemble des jeux supportés.
Télécharger PalServer avec SteamCMD
SteamCMD est le client en ligne de commande de Valve. Il télécharge l'App ID 2394010, qui correspond aux fichiers PalServer. C'est aussi lui qui servira à appliquer chaque mise à jour du jeu.
Installation sous Linux (Ubuntu / Debian)
On commence par un utilisateur système dédié, jamais root : si le processus est compromis, les dégâts restent confinés.
sudo adduser --disabled-password --gecos "" palworld
sudo dpkg --add-architecture i386
sudo apt update
sudo apt install -y software-properties-common lib32gcc-s1 curl tar
sudo add-apt-repository -y multiverse
sudo apt install -y steamcmd
On bascule ensuite sur l'utilisateur palworld et on télécharge les fichiers :
sudo su - palworld
steamcmd +force_install_dir /home/palworld/palserver \
+login anonymous \
+app_update 2394010 validate \
+quit
Le téléchargement fait environ 7 Go. Une fois terminé, il reste une étape que beaucoup oublient : PalServer cherche steamclient.so dans ~/.steam/sdk64/. Sans lui, le processus démarre puis se ferme aussitôt.
mkdir -p ~/.steam/sdk64
cp ~/.local/share/Steam/steamcmd/linux64/steamclient.so ~/.steam/sdk64/
Installation sous Windows
Récupère l'archive SteamCMD depuis le site de Valve, décompresse-la dans C:\steamcmd, puis ouvre une invite de commandes :
cd C:\steamcmd
steamcmd.exe +force_install_dir C:\palserver +login anonymous +app_update 2394010 validate +quit
Le premier lancement de steamcmd.exe met à jour le client lui-même avant de traiter la commande, c'est normal.
Mettre à jour après un patch
La commande de mise à jour est strictement identique à celle d'installation. Arrête toujours le processus avant, sinon les fichiers en cours d'utilisation seront verrouillés :
steamcmd +force_install_dir /home/palworld/palserver +login anonymous +app_update 2394010 validate +quit
Le paramètre validate vérifie l'intégrité de chaque fichier. Il rallonge l'opération de quelques minutes mais évite les crashs après une mise à jour partielle.
Ouvrir les ports et démarrer le processus PalServer
Les ports à autoriser
| Port | Protocole | Usage | Obligatoire |
|---|---|---|---|
| 8211 | UDP | Trafic de jeu principal | Oui |
| 27015 | UDP | Requêtes Steam (liste communautaire) | Recommandé |
| 25575 | TCP | RCON (administration à distance) | Optionnel |
Erreur classique numéro un : ouvrir 8211 en TCP. Le trafic de jeu Palworld est en UDP, point. Erreur numéro deux : oublier que le port doit être ouvert à la fois sur le pare-feu de la machine et redirigé sur le routeur si tu es derrière une box.
Pare-feu Linux avec ufw
sudo ufw allow 8211/udp
sudo ufw allow 27015/udp
sudo ufw allow from 192.168.1.0/24 to any port 25575 proto tcp
sudo ufw enable
sudo ufw status numbered
Note la restriction sur le RCON : on ne l'expose jamais à Internet en grand. Restreins-le à ton réseau local ou passe par un tunnel SSH.
Pare-feu Windows
netsh advfirewall firewall add rule name="Palworld Game" dir=in action=allow protocol=UDP localport=8211
netsh advfirewall firewall add rule name="Palworld Query" dir=in action=allow protocol=UDP localport=27015
Premier démarrage
Sous Linux :
cd /home/palworld/palserver
./PalServer.sh
Sous Windows, double-clic sur PalServer.exe ou en ligne de commande depuis C:\palserver. Ce premier démarrage génère l'arborescence de sauvegardes et de configuration. Laisse tourner jusqu'à voir apparaître la ligne indiquant que le monde est chargé, puis arrête proprement avec Ctrl+C.
Options de lancement recommandées
./PalServer.sh -useperfthreads -NoAsyncLoadingThread -UseMultithreadForDS \
port=8211 \
players=16 \
-publiclobby
-useperfthreadset-NoAsyncLoadingThread: réduisent nettement les pics CPU et les stutters en jeu.-UseMultithreadForDS: répartit une partie du travail sur plusieurs cœurs.-publiclobby: inscrit la partie dans le lobby communautaire du jeu. Retire-le pour une partie privée.
Service systemd pour un démarrage automatique
Sur Linux, laisser un processus dans un terminal SSH n'a aucun sens en production. Crée /etc/systemd/system/palworld.service :
[Unit]
Description=Palworld Dedicated Server
After=network-online.target
Wants=network-online.target
[Service]
Type=simple
User=palworld
WorkingDirectory=/home/palworld/palserver
ExecStartPre=/usr/games/steamcmd +force_install_dir /home/palworld/palserver +login anonymous +app_update 2394010 validate +quit
ExecStart=/home/palworld/palserver/PalServer.sh -useperfthreads -NoAsyncLoadingThread -UseMultithreadForDS
Restart=on-failure
RestartSec=15
TimeoutStopSec=60
[Install]
WantedBy=multi-user.target
sudo systemctl daemon-reload
sudo systemctl enable --now palworld
sudo journalctl -u palworld -f
Le ExecStartPre applique automatiquement la dernière version à chaque relance. Pratique, mais rallonge le temps de redémarrage : retire-le si tu préfères contrôler les mises à jour manuellement.
Configurer PalWorldSettings.ini et sécuriser l'accès
Où se trouve le fichier
Après le premier démarrage, le fichier utile est ici :
- Linux :
/home/palworld/palserver/Pal/Saved/Config/LinuxServer/PalWorldSettings.ini - Windows :
C:\palserver\Pal\Saved\Config\WindowsServer\PalWorldSettings.ini
Il est vide au départ. Copie le modèle par défaut avant d'éditer :
cp /home/palworld/palserver/DefaultPalWorldSettings.ini \
/home/palworld/palserver/Pal/Saved/Config/LinuxServer/PalWorldSettings.ini
nano /home/palworld/palserver/Pal/Saved/Config/LinuxServer/PalWorldSettings.ini
Structure du fichier
Tout tient sur une seule ligne géante entre parenthèses. C'est déroutant mais il faut le respecter : pas de retour à la ligne, pas d'espace superflu, pas de guillemet manquant. Une virgule oubliée et le fichier entier est ignoré, le monde repartant avec les valeurs par défaut.
[/Script/Pal.PalGameWorldSettings]
OptionSettings=(Difficulty=None,DayTimeSpeedRate=1.000000,NightTimeSpeedRate=1.000000,ExpRate=1.500000,PalCaptureRate=1.200000,PalSpawnNumRate=1.000000,PalDamageRateAttack=1.000000,PalDamageRateDefense=1.000000,PlayerDamageRateAttack=1.000000,PlayerDamageRateDefense=1.000000,PlayerStomachDecreaceRate=0.800000,CollectionDropRate=1.500000,EnemyDropItemRate=1.000000,DeathPenalty=Item,bEnablePlayerToPlayerDamage=False,bEnableFriendlyFire=False,bEnableInvaderEnemy=True,bActiveUNKO=False,GuildPlayerMaxNum=20,BaseCampMaxNumInGuild=4,PalEggDefaultHatchingTime=24.000000,bIsMultiplay=True,bIsPvP=False,ServerPlayerMaxNum=16,ServerName="Nom de ta partie",ServerDescription="Description visible dans la liste",AdminPassword="MotDePasseAdminLongEtUnique",ServerPassword="",PublicPort=8211,PublicIP="",RCONEnabled=True,RCONPort=25575,bUseAuth=True,bShowPlayerList=False)
Les réglages qui comptent vraiment
| Paramètre | Effet | Conseil |
|---|---|---|
ServerPlayerMaxNum | Slots simultanés | Plafond de 32. Dimensionne selon la RAM disponible. |
AdminPassword | Accès aux commandes admin en jeu | Indispensable. Au moins 20 caractères aléatoires. |
ServerPassword | Mot de passe de connexion | Le seul vrai filtre pour une partie entre amis. |
PalEggDefaultHatchingTime | Durée d'éclosion des œufs | Passer à 1 ou 2 sur une partie courte, 72 par défaut est très long. |
DeathPenalty | Pertes à la mort | None, Item, ItemAndEquipment, All. |
bEnableInvaderEnemy | Raids sur les bases | False si les joueurs se plaignent des attaques répétées. |
BaseCampMaxNumInGuild | Bases par guilde | Chaque base coûte du CPU. Limite à 3 ou 4 sur une machine modeste. |
PublicIP | IP annoncée au lobby | À remplir seulement si tu utilises -publiclobby. |
Après chaque modification, redémarre le processus : la configuration n'est lue qu'au chargement.
sudo systemctl restart palworld
Sauvegardes automatiques
Les données du monde se trouvent dans Pal/Saved/SaveGames/0/<identifiant>/. Palworld a un historique de corruptions de sauvegarde après un arrêt brutal : ne compte jamais sur un unique fichier. Un script cron simple suffit :
#!/bin/bash
SRC="/home/palworld/palserver/Pal/Saved/SaveGames"
DEST="/home/palworld/backups"
mkdir -p "$DEST"
tar -czf "$DEST/pal_$(date +%Y%m%d_%H%M).tar.gz" "$SRC"
find "$DEST" -name "pal_*.tar.gz" -mtime +7 -delete
chmod +x /home/palworld/backup.sh
crontab -e
# Toutes les heures
0 * * * * /home/palworld/backup.sh
Bonnes pratiques d'administration
- Connexion SSH par clé uniquement :
ssh-keygen -t ed25519, puis désactivePasswordAuthenticationdans/etc/ssh/sshd_config. - fail2ban pour bloquer les tentatives répétées sur SSH :
sudo apt install fail2ban. - Redémarrage planifié toutes les 6 à 12 heures : Palworld présente une montée progressive de la mémoire, un cycle régulier évite le swap et les lags de fin de session.
- RCON jamais exposé publiquement, et mot de passe différent de celui de l'admin en jeu.
- Test après chaque patch sur une copie de la sauvegarde avant de l'appliquer à la partie principale.
Dépannage rapide
- Le processus s'arrête aussitôt lancé :
steamclient.soabsent de~/.steam/sdk64/. - Partie invisible dans la liste communautaire : le lobby Steam est capricieux. Passe par « Se connecter avec une IP » côté client, en
IP:8211. - Connexion impossible depuis l'extérieur : vérifie la redirection NAT en UDP, puis teste avec
ss -ulnp | grep 8211. - Réglages ignorés : erreur de syntaxe dans
OptionSettings. Recopie le modèle par défaut et réédite ligne par ligne. - Lags avec plusieurs bases actives : réduis
BaseCampMaxNumInGuildet le nombre de Pals assignés par base.
D'autres tutoriels d'administration pour les jeux de survie coopératifs sont regroupés sur le Blog Fly-Serv, et la logique reste très proche sur des titres comme Serveur Valheim ou Serveur Soulmask.
Pour finir
SteamCMD pour les binaires, 8211 en UDP, un PalWorldSettings.ini propre et des sauvegardes horaires : voilà l'essentiel d'une installation manuelle qui tient dans la durée. Le reste, c'est de la maintenance régulière — mises à jour après chaque patch, surveillance de la RAM et redémarrages planifiés. Garde une copie de ta configuration ailleurs que sur la machine.
FAQ
Combien de joueurs peut accueillir une partie Palworld en simultané ?Le plafond technique est de 32 joueurs via le paramètre ServerPlayerMaxNum. Dans les faits, au-delà de 16 connectés avec plusieurs bases actives par guilde, il faut au minimum 32 Go de RAM et un CPU haute fréquence pour maintenir un tickrate stable. Commence à 8 ou 16 slots et augmente progressivement en surveillant la mémoire.
Trois causes dans 95 % des cas : le fichier édité n'est pas le bon (celui dans Pal/Saved/Config/ fait foi, pas DefaultPalWorldSettings.ini), une erreur de syntaxe dans la ligne OptionSettings qui doit rester sur une seule ligne sans espace parasite, ou le processus qui n'a pas été redémarré après l'édition.
Arrête le processus, exécute la même commande SteamCMD que pour l'installation avec app_update 2394010 validate, puis relance. Les sauvegardes se trouvent dans Pal/Saved/SaveGames/ et ne sont pas touchées par la mise à jour. Par précaution, archive ce dossier avant chaque patch majeur : une corruption reste possible en cas d'arrêt brutal.